Un Amiga 4000T de nouveau fonctionnel.
Un Amiga 4000T de nouveau fonctionnel.

Réparation d’un Amiga 4000T

Il y a longtemps, on m’avait demandé de réparer un Amiga 4000T qui ne fonctionnait plus. Et pour cause, son ancien propriétaire avait tenter de le réparer et avait finalement fini par endommager la carte mère elle-même. En voulant dessouder le composant Lisa responsable de l’affichage vidéo, il avait arracher les pastilles de la carte mère et à vue d’œil, il y avait bien plus de dommages que cela:

Carte Digital Broadcaster Elite.
Carte Digital Broadcaster Elite.

N’ayant pas à l’époque pris de photo de l’état de cette carte mère, je vous livre ici une photo d’une carte que j’ai également réparée et dont je parlerais ultérieurement, mais son état reflète bien celui dans lequel était cette carte mère de 4000T. C’est la première fois que je voyais une carte aussi abimée. Quand on connait son prix et sa relative rareté, on a du mal à croire que quelqu’un ait pu faire cela. La première chose que j’ai faite a été de nettoyer tous les résidus de flux, puis la soudure avec de la tresse à dessouder et de l’acétone. Ce qui donne ceci:

PCB de 4000T une fois nettoyé.
PCB de 4000T une fois nettoyé.

A part les pastilles arrachées et peut-être une ou deux pistes coupées, le vernis épargne n’est pas endommagé. Les pistes noires que vous voyez sont sur une couche interne. Il y a probablement quatre couches internes, et six couches au total si on compte les deux couches externes. C’est la première fois que je me lançais dans une réparation aussi délicate. Après plusieurs heures de réflexion, je suis parvenu à trouver une solution:

Toutes les pastille ont été refaites grâce à des brins de fil de cuivre.
Toutes les pastille ont été refaites grâce à des brins de fil de cuivre.

Cette méthode n’est rendue possible que par la présence de VIAs à proximité de chaque pastille: à l’intérieur de l’empreinte du composant, mais également à l’extérieur. De plus, ces VIAs sont suffisamment grands pour faire passer un brin de fil. Ces brins de fils sont sondés de l’autre coté du PCB sur chaque VIA après avoir gratté le vernis épargne. C’était une opération délicate et fastidieuse qui m’a pris beaucoup de temps, car au fur et à mesure que je souder ces fils, je devais les maintenir avec des adhésifs.

PCB de 4000T prêt à recevoir un support de composant.
PCB de 4000T prêt à recevoir un support de composant.

Une fois cette phase terminée, j’ai mis des morceaux de cadapack afin de bien immobiliser le support pour le souder. Puis j’ai mis de la soudure en seringue sur chaque pastille/brin de fil. J’ai bien positionné le support puis sur chacune de ses broches, j’y ai apposé la panne de mon fer à souder, le temps que la soudure se liquéfie. Puis j’ai coupé les surplus de fil. Et cela donne le résultat suivant:

Un support est maintenant bien soudé, prêt à recevoir Lisa.
Un support est maintenant bien soudé, prêt à recevoir Lisa.

Difficile de croire que le PCB était à ce point abimé, d’autant plus que le support masque la quasi-totalité des brins de fil de cuivre. Le seul petit bémol de cette méthode vient du fait que j’ai du retirer le fond du support pour souder ses broches et que cela nuit à sa solidité, surtout quand le composant est en place.

Une fois le composant Lisa installé, la réparation ne se voit presque pas.
Une fois le composant Lisa installé, la réparation ne se voit presque pas.
Un Amiga 4000T de nouveau fonctionnel.
Un Amiga 4000T de nouveau fonctionnel.

Cette réparation fut longue et fastidieuse, mais le résultat en valait la peine. Je vais conclure cet article sur un conseil: ne vous aventurez-pas dans ce genre de réparation si vous n’avez pas l’expérience requise. Le problème de ces cartes est qu’en raison de leur âge, les soudures ont vieillie et n’ont plus les même propriétés, ce qui rend les réparations difficiles voire même impossibles, surtout si des composants CMS sont utilisés. Il est même parfois difficile de dessouder des supports traversants, à cause des soudures mais aussi des plans de masses et d’alimentation qui obligent à chauffer d’avantage, augmentant ainsi le risque d’endommager le PCB.

Leave a reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *